Il suffit qu’un cœur se dilate et se contracte pour créer un pouls.
Le sang coule dans les veines, c’est la vie.

Un seul cœur suffit.

Deux cœurs, le pouls s’emballe.

Six cœurs, vingt cœurs, ça tape. Ça cogne en rythme, silencieusement.

Un cœur se met à rire, voilà les autres qui sursautent, s’arrêtent puis battent de plus belle.

Deux-cents cœurs qui rient, ça palpite bruyamment, ça chahute les cordes vocales, ça hoquette et ça perd le rythme, le sens des convenances, le sens du sens, y’a plus de mesure.

Un cœur seul qui pleure est plus heureux quand deux-cents cœurs pleurent avec lui. Bon, parfois, le cœur a besoin de pleurer seul dans sa chambre ou dans la rue, pleure mon cœur.

L’autre jour, un cœur a tressailli, puis dix. Des millions de cœurs qui hésitent à battre. Ils hibernent au printemps devant leurs écrans, au rythme des pulsions primaires. Ça se contracte, ça se dilate sans effort, c’est pompant.

Sont-ils encore vivants ? Est-ce ça, la vie ? Des cœurs qui battent seuls dans leur coin ? Loin les uns des autres ?

Et qu’en pensent les arbres ?

Face aux questions sans réponse, pourquoi ne pas se tourner vers un chêne, un frêne, un peuplier… Peu importe l’arbre, il est sur terre depuis bien plus longtemps que nous, il en connait davantage sur la vie.

D’ailleurs, les arbres ont un cœur ; celui de la forêt ! Ces êtres ancestralement intelligents ont choisi de rire et de pleurer ensemble il y a bien longtemps.

Nous, nous avons inventé le théâtre.

Nous avons créé des histoires, des danses et des musiques, du silence et la joie d’être ensemble. Nous avons construit la nuit en pleine journée, des forêts qui marchent et une montagne, magique.

Jeunes pousses et vieilles branches s’y déploient.
Elles s’élèvent et s’enracinent ainsi au rythme des saisons.

Celle-ci s’annonce particulièrement vigoureuse.
Nous nous réjouissons déjà de la traverser avec vous.
Sans doute ne résoudrons-nous pas l’énigme qu’est la vie (il y a parfois plus de questions que de réponses). Mais le cœur
haut et battant, nous la ferons couler dans nos veines entrelacées, comme la sève, sauvage et capricieuse.

Avec l’équipe de La montagne magique,
Cali Kroonen